Plan d’affaires de NBN Co (version résumée)

30 12 2010

Le 20 décembre dernier, le gouvernement de Julia Guillard a dévoilé le Business plan (version publique de 160 pages plus courte que la version originale de 400 pages) de la société NBN Co. Il définit les principaux objectifs et priorités de NBN Co concernant le processus d’élaboration, de construction et de management du NBN. Aussi précise-t-il les obligations fixées à NBN Co par le gouvernement concernant l’accès au Très Haut Débit pour les australiens et l’impact profond qu’aura ce réseau sur l’industrie des télécommunications en Australie.

Les principaux objectifs fixés par le gouvernement sont :

1.     Un réseau national d’accès ouvert et uniquement destiné au commerce de gros.

2.     Les technologies utilisées seront la fibre optique (93% de la population couverte), Wireless (4% de la population) et le satellite (3%)

3.     NBN Co devra être en mesure de fournir un accès au prix de gros (wholesale) à n’importe quel opérateur quelle que soit la localisation souhaitée, depuis le POI (Point of Interconnection, voir article plus bas) jusqu’aux habitations

Principaux éléments du plan d’affaires :

  • ROI prévu : 7%
  • Accès national wholesale au réseau 12/1 Mbits/s (download/upload) pour $24/mois
  • Part de financement du gouvernement $27,5 milliards
  • Prévisions du chiffre d’affaires : $5,8 milliards en 2021, et , $7,6 milliards en 2025.
  • Durée de construction du réseau : 9,5 années.
  • Nombre maximum d’habitations raccordées par jour : 5900.

Objectifs d’ici juin 2013 :

Echéance Objectif Description
Avril 2011 Premiers tests utilisateurs finaux Possibilité de raccorder un opérateur qui puisse ensuite offrir ses services à environ 400 utilisateurs finaux
Juin 2011 Finaliser l’accord « Telstra » Conditions précédentes remplies + Infrastructures de Telstra disponibles
Septembre 2011 Commercialisation du réseau Capacité de fournir et d’activer un nombre limité de services chez différents opérateurs
Février 2012 Commercialisation plus étendue du réseau Capacité de fournir et d’activer un nombre plus important de services chez plusieurs opérateurs
Août 2012 Commercialisation générale Processus complètement automatisé, aucune limitation dans l’activation de services, contrats avec plusieurs opérateurs.

Prix

Les prix des accès (wholesale) par ligne sont indiqués ci-dessous :

Débits download (Mbits/s) Débits upload (Mbits/s) Fibre Wireless Satellite
12 1 $24 $24 $24
25 5 $27 - -
25 10 $30 - -
50 20 $34 - -
100 40 $38 - -
250 100 $70 - -
500 200 $100 - -
1000 400 $150 - -

Chiffre d’affaires

NBN Co a estimé à $20,8 milliards, le chiffre d’affaires généré durant la période de construction du réseau (2010-2020), $5,8 milliards en 2021 et jusqu’à $14 milliards en 2040 (Business plan de 30 ans 2010-2040).

Financement

Initialement évalué à $43 milliards, il apparaît désormais que le projet ne coutera « que » $35.9 milliards. Cette réduction est essentiellement due à l’accord passé entre le gouvernement et Telstra qui permet à NBN Co de réutiliser toutes les infrastructures nécessaires de l’opérateur historique (l’accord inclut également le décommissionnement du réseau cuivre). A l’origine de ce gigantesque projet, le gouvernement contribuera au financement à hauteur de $27,5 milliards. Soit $1,5 milliards supplémentaires par rapport à ce qui avait été avancé en Mai 2010 dans l’étude « Implementation Study ». Ceci a d’ailleurs suscité la colère de Malcolm Turnbull et Tony Abbott (Liberal Party).  NBN Co empruntera également $13,4 milliards à différents investisseurs.

Définition et construction du réseau

Durant les 9,5 prochaines années de construction du réseau, 120 POI seront construits et permettront l’accès à 980 zones de répartition optique. Suite à sa proposition d’une architecture centralisée avec 14 POI, NBN Co avait déclenché au mois de novembre dernier un débat animé. Ayant depuis travaillé avec le gouvernement et l’ACCC, une architecture semi-centralisée avec 120 POI sera choisie (80 dans les zones denses et 40 dans les zones rurales).

1,7 millions d’habitations devraient être raccordés d’ici 2013 (Fibre + wireless + satellite) et 13 millions d’ici 2021. Le réseau FTTP nécessitera 181 000 km de fibre optique et utilisera la technologie GPON, 57 000 km de fibre supplémentaires seront également nécessaires pour le réseau cœur. Enfin 25% du réseau sera aérien.

Fibre Satellite Wireless Total
Juin 2011 58 000 165 000 - 223 000
Juin 2012 259 000 - 14 000 273 000
Juin 2013 952 000 - 269 000 1 221 000
Total 1 269 000 165 000 283 000 1 717 000

Contrairement à ce qui avait été annoncé au départ, il ne sera pas possible de dégrouper le réseau. NBN Co a clairement indiqué que la société ne fournirait qu’un accès « layer 2 bitstream », n’étant pas prête à fournir des services sur la couche physique.

Plus de détails dans la version dévoilée par NBN Co disponible dans la rubrique Whitepapers





Nouvelle-Zélande et THD

17 12 2010

L’Australie et Singapour ne sont pas les seuls pays à avoir lancé le développement d’un réseau national FTTP sous le contrôle du gouvernement. En effet, la Nouvelle-Zélande a également compris que sans l’influence du gouvernement, l’Internet THD pour les particuliers ne pourrait être disponible rapidement. Ainsi, le 17 septembre 2009, le gouvernement néo-zélandais a dévoilé son plan THD (UFB : Ultra-fast Broadband) de NZ$ 1,5 milliards (840 millions €). Ce plan prévoit la construction d’un réseau THD couvrant 75% de la population d’ici 10 ans. Cet investissement devrait être financé par des fonds privés ainsi que des actions de co-investissement avec l’Etat.
Le gouvernement néo-zélandais a réalisé qu’un réseau Internet compétitif est fondamental pour le développement socio-économique du pays. C’est pourquoi la première phase du projet (6 ans) privilégiera le déploiement du réseau THD pour les entreprises, les écoles, les services de santé et quelques zones résidentielles.

Par ailleurs le rapport « State of the Internet » du 4e trimestre 2009 de la société Akamai’s a placé la Nouvelle-Zélande à la 22e place sur 45 concernant les débits Internet. En moyenne les débits rencontrés à cette date étaient de 2,97 Mbits/s et seulement 9,2% des entreprises et zones résidentielles avaient accès à des débits supérieurs à 5 Mbits/s.

Afin de superviser le développement de ce réseau THD, la société Crown Fiber Holdings (CFH) sous contrôle royal a été créée. Son rôle est de déterminer, par appels d’offres, les différentes entreprises partenaires qui créeront le réseau et ainsi créer une nouvelle joint-venture (Local Fiber Companies : LFCs) en ce sens ; de gérer l’investissement du gouvernement et d’approuver ou de rejeter les différentes solutions techniques et opérationnelles qui seront utilisées par les joint-ventures afin de fournir un réseau national cohérent.
Les LFCs auront pour objectifs de :

  • Développer le réseau fibre au sein d’une région déterminée par l’appel d’offre (choix de la technologie PON ou PtP laissé libre)
  • Remplir les objectifs fixés par le gouvernement (en particulier le souhait de disposer d’un réseau d’accès ouvert).
  • Fournir des services de gros aux opérateurs le désirant avec une harmonie nationale des prix (pas de commerce de détail)

Une fois le réseau créé, il appartiendra intégralement à la LFC.
Le gouvernement supervisera dans un premiers temps les actions entreprises par CFH, puis, une fois la société complètement opérationnelle, CFH sera autonome. Il aura aussi pour rôle d’accepter ou de refuser le partenaire choisi par CFH pour créer une LFC dans une région dédiée.
Suite à la consultation publique lancée en septembre 2009, CFH avait reçu au 1 février 2010, 33 réponses de 18 entreprises pour les différentes régions concernées. Après quelques amendements apportés par le Ministre des Communications Steven Joyce, et le nouvel appel d’offres émis par CFH, une liste de 14 entreprises partenaires potentielles a été établie. Parmi ces 14 entreprises, 3 viennent récemment d’être choisies :

  • Northpower : région de Whangarei.
  • UltraFast Fiber Limited : régions de Hamilton, Wanganui, Tauranga, Plymouth, Cambridge, Te Awamutu, Hawera et Tokoroa.
  • Alpine Energy : région de Timaru

Au total ces déploiements couvriront environ 18% de la population. Ils devraient démarrer avant Noël pour se terminer à l’horizon 2015.
Une interrogation importante demeure. Quel sera le rôle de Telecom NZ, l’opérateur historique ? Telecom NZ a été retenu par CFH dans la liste des 14 entreprises avec lesquelles la société entreprend de collaborer. Cependant Telecom NZ n’a pas été choisie pour la première vague de travaux. Il apparaît que la proposition effectuée par l’opérateur était trop importante car couvrait tout le pays alors que CFH souhaitait procéder région par région. Dans sa proposition Telecom NZ avait également intégré l’un des souhaits du gouvernement qui était la séparation des de ses activités (infrastructures et services). L’opérateur historique dispose actuellement d’un réseau fibre de 25 000 km soit environ la moitié du plan UFB du gouvernement. Une duplication des infrastructures serait donc un gros manque à gagner pour ce dernier. Suite à cette mauvaise nouvelle, Telecom NZ a indiqué que la société se tenait à disposition de CFH et du gouvernement pour aider dans les premiers déploiements qui seront effectués par les entreprises citées ci-dessus.
En réponse à cela, le gouvernement vient d’indiquer qu’il souhaitait que CFH organise des négociations prioritaires avec Telecom NZ afin de déterminer l’implication de l’opérateur pour les 25 régions restantes du plan UFB.





Points d’interconnexion au NBN

26 11 2010

Après avoir récemment dévoilé leur proposition concernant le nombre de points d’interconnexion au réseau qui seront créés, la société NBN Co ainsi que the Australian Competition and Consumer Commission (ACCC, identique à l’Autorité de la Concurrence en France), ont invité les acteurs des télécommunications impliqués à commenter ce projet. La consultation publique lancée le 21 octobre, sous l’initiative du gouvernement a pour but de recueillir les différentes attentes des opérateurs (retail or wholesale) quant aux solutions existantes pour connecter leur réseau au NBN.
Un point d’interconnexion (POI – Point of Interconnection) est l’endroit où 2 réseaux s’interconnectent pour échanger du trafic. Dans le cas présent les POIs représentent le lieu où les opérateurs pourront connecter leur réseau au NBN. La localisation et le nombre de ces points ont une grande importance puisqu’ils déterminent la distance résiduelle que les opérateurs auront à construire pour connecter leur réseau au NBN. Ainsi, cette distance aura-t-elle un impact significatif sur les prix proposés par les opérateurs aux utilisateurs finaux.
Plusieurs options sont possibles pour déterminer l’emplacement et la profondeur dans le réseau des POIs :

  • Distributed POI : au niveau du NRO. L’opérateur doit donc collecter le trafic de toutes les zones où il offre des services. Solution très couteuse pour les opérateurs ne disposant pas de backbone conséquent. Concurrence dans les zones rurales faible.
  • Semi-distributed POI : NBN Co peut agréger le trafic de plusieurs zones de service et donc fournir un large accès à une région donnée.
  • Centralised POI : NBN Co transporte tout le trafic jusqu’aux 5 capitales d’état (voir tableau ci-dessous). Cette solution rend obsolète les réseaux de collecte des « gros opérateurs » et opérateurs de fibre noire.



Même si NBN Co préconise le « composite model », les solutions avancées par la compagnie sont les suivantes :

Option Nombre et localisation Remarques
Option 1 

No consolidation

718-950 POIs (1) Chaque NRO dispose d’un POI
Option 2
Low consolidation
Indéterminé, dépend de la définition du backhaul POIs répartis équitablement à la limite de chaque backhaul opérateur existant.
Option 3
High consolidation
14 Aggregation POIs (4x Sydney, 4x Melbourne, 2x Brisbane, 2x Adelaide, 2x Perth) Le trafic est acheminé jusqu’à chaque « Aggregation POI ». Les POIs sont localisés dans 5 grandes villes (capitales de chaque état).
Option 4
Composite model
14 Aggregation POIs + jusqu’à 195 Connectivity Serving Areas (CSAs) (2) POIs disponibles dans chaque capitale d’état + interconnexion supplémentaire et plus en aval dans le réseau de 195 CSA1

(1) NBN Co a précisé que le nombre de 718 zones de répartition optique annoncé est susceptible de changer pour atteindre au final jusqu’à 950 zones de répartition optique.

(2) Une CSA (Connectivity Serving Area) définit une zone géographique qui regroupe plusieurs Fiber Serving Areas (FAS, ou encore zone de répartition optique)

L’option 1, plébiscitée par les “gros” opérateurs prévoit une répartition des POIs sur tout le pays. Chaque NRO pourra donc être dégroupé comme le sont actuellement les NRAs.
Actuellement seuls 540 NRA sur 5065 sont dégroupés, ceci en raison des longues distances de réseau de collecte à créer et donc des coûts de création de réseau extrêmement élevés. Il est donc très difficile et coûteux pour les opérateurs alternatifs d’accéder aux NRA autres que ceux dans les grandes zones urbaines.

Ci-dessous la répartition des NRA et lignes par NRA en fonction type d’habitat :

Urbain Semi-urbain Semi-rural Rural Total
Nombre 774 257 985 3049 5065
Nombre moyen de lignes 11 000 4 000 1 000 176 2157

195 CSAs

 

L’option 1 favorise donc les opérateurs disposant d’un backbone conséquent pouvant atteindre une grande partie des zones de répartition optique (Telstra, Optus, AAPT).

Ci-dessous la répartition prévisionnelle des NRO et prises par NRO en fonction du type d’habitat :

Urbain Semi-urbain Semi-rural Rural Total
Nombre 99 33 28 558 718
Nombre moyen de prises 58 000 17 000 44 000 5 000 12 000

NBN Co a indiqué dans son étude qu’ils ne prévoyaient pas d’utiliser cette solution qui mènerait irrémédiablement à une divergence de prix pour les utilisateurs finaux entre les zones urbaines et régionales. Ceci en raison des coûts de réseau de collecte supplémentaires que les opérateurs auraient à fournir. Dans sa réponse à la consultation publique de NBN Co et ACCC, Internode a indiqué que les POIs devraient être situés à une distance de quelques centaines de mètres d’un backbone existant. Construire 10km de réseau fibre en zone rurale pour relier le POI coûterait entre 500 000 et un million de dollars). Bien entendu les opérateurs disposant d’un backbone conséquent et opérateurs de fibre noire ont explicitement manifesté leur désaccord. La construction d’un autre réseau de collecte reliant les 14 POIs réduirait à néant les sommes avancées par ces opérateurs pour créer leur backbone qui ne serait alors plus utilisé par les “petits” opérateurs.

En conséquence, et pour appliquer les souhaits du gouvernement quant à fournir un accès Internet aux zones rurales et urbaines sans divergence de prix, NBN Co préconise la solution composite avec 14 POIs dans les capitales d’état et jusqu’à 195 autres zones possibles où la construction du POI se ferait uniquement sur demande d’au moins 2 opérateurs. Ces 195 autres zones d’interconnexion possibles sont plus en aval dans le réseau et ne seront délivrées que sous certaines conditions imposées par NBN Co.
Il apparaît donc clairement que le dégroupage d’une certaine zone en particulier sera très difficile. Les opérateurs devront connecter leur réseau 14 POIs

Ceci désavantage clairement les “gros” opérateurs et fera baisser considérablement la concurrence au niveau des services de gros (wholesale) ainsi que pour la location de backhaul. D’autre part la concurrence sera rendue plus difficile dans les zones rurales puisqu’au moins 2 opérateurs devront manifester leur intérêt pour une zone particulière avant que NBN Co ne fournisse le POI.
Telstra a clairement indiqué que ce comportement est contraire au développement général de la concurrence dans les réseaux de télécommunications : un opérateur prend le risque d’élargir son réseau dans une certaine zone et est ensuite suivi par d’autres opérateurs si l’investissement s’avère rentable.

D’autre part Telstra a tenu a préciser dans sa réponse à la consultation publique, que le Commonwealth Gorvernment doit respecter les lois internationales établies par le WTO (World Trade Organisation) Reference Paper :

  • Article 2.2 : “Interconnection with a major supplier must be ensured at any technically feasible point in that major’s supplier’s network”. Argument de Telstra suite à cet article : “Interconnection at more than NBN Co’s specified number of POIs would appear to be ‘technically feasible’ within the meaning of the WTO Reference Paper”.
  • Article 2.2 (b) similarly provides that network interconnection must also be sufficiently unbundled that a service supplier does not need to pay for network components that it does not require for a service to be provided.

Néanmoins ces arguments de la part de Telstra ne devraient pas être recevables aux yeux de ACCC en raison de l’accord de 11 milliards de dollars (australiens) passé entre NBN Co et Telstra pour compenser les pertes de l’opérateur historique.

De l’autre côté, la publication de ces prévisions a suscité un grand enthousiasme de la part des plus « petits » opérateurs comme Internode ou Primus. Ces opérateurs pourront directement offrir leurs services aux abonnés sans passer par le réseau d’un autre opérateur pour agréger le trafic. La compétition dans le réseau d’accès et donc dans les offres aux utilisateurs finaux sera alors renforcée. (lire article ZDNet).

Suite à ces réactions, le gouvernement a annoncé qu’aucune décision n’avait encore été prise, et qu’ainsi la solution proposée par NBN Co ne serait peut-être pas appliquée dans le futur. Réponse dans les prochains jours





NBN dans les sites test

1 11 2010

Le 2 mars 2010, NBN Co annonçait les 5 sites test (12 316 prises) pour la construction du réseau optique sur le continent (en comparaison à l’île de Tasmanie) :

  • Un quartier de Melbourne, Brunswick (2600 prises)
  • Townsville (Queensland – 3100 prises)
  • Minnamurra et Kiama (New South Wales – 2600 prises)
  • Armindale (New South Wales – 2900 prises)
  • Willunga (South Australia – 1000 prises)

Ces 5 sites test furent choisis par NBN Co afin de déteminer l’impact du terrain, du climat, des infrastructures existantes, de la densité des habitations et autres facteurs locaux sur le développement du réseau.

« The first release sites will provide critical information about the practical application of our designs, construction methods and technology in the real world. This will allow us to validate our network design and the total end-to-end systems in a live environment, following full testing in our integration labs. » (Mike Quigley, NBN Co  CEO)

Afin d’obtenir différents retours d’expérience et de rassembler le plus de données possible avant la construction nationale du réseau, Mike Quigley a dévoilé le 8 juillet une liste de 14 nouveaux sites tests qui viennent s’ajouter aux 5 sites initiaux. Au total les 19 sites test devraient permettre de raccorder plus de 57 000 logements au réseau FTTH.

Les marchés de travaux pour les 5 premiers sites ayant été attribués au mois de juillet 2010, les travaux ont commencé sur le continent : Armidale (Silcar Communications), Brunswick (Telstra), Townsville (Ergon Energy), Minamurra & Kiama (Tarnsfield Services), Willunga (ETSA Utilities). Cependant une interrogation demeure. Quel modèle de déploiement faut-il choisir ? :

  • « opt-out » comme en Tasmanie : lors de la contruction du réseau, tous les habitants sont reliés en fibre, cependant ceux qui ne souhaitent pas utiliser le réseau peuvent le signaler. L’infrastructure sera présente mais ils ne souscriveront aucun abonnement internet;
  • « opt-in » : lors de la construction du réseau, seuls sont raccordés les habitants qui en ont fait la demande.

La solution « opt-out »  est bien entendu plus couteuse. Cependant le réseau cuivre visant à être décommissioné dans les zones où la fibre sera installée, les companies de téléphone seront obligées de migrer vers le NBN afin de conserver le service universel qu’est le service téléphonique (http://www.acma.gov.au/WEB/STANDARD/pc=PC_2413). A terme, 93% de la population devra donc migrer vers le NBN ce qui va en faveur de la solution opt-out. Chaque état, ville sera en mesure de choisir le modèle de déploiement qu’ils désirent.

Tasmanie

Le réseau étant terminé depuis le mois de juillet, les premiers tasmaniens ont pu bénéficier des nouveaux avantages du Très Haut Débit. Internode, iPrimus, iiNet, Telstra et Exetel fournissent actuellement leurs services suivant la demande des habitants : 25Mbits/s, 50Mbits/s, 100Mbit/s.





Implication de la technologie LTE dans le NBN

21 09 2010

Choisir les technologies à utiliser et dimensionner en conséquence un réseau d’infrastructures de télécommunications n’est pas chose aisée. En particulier lorsque le réseau s’étend sur un pays aussi grand qu’est l’Australie. Dans ce genre de réseau, l’élément incontournable pour obtenir du Très Haut Débit est bien sûr la fibre optique. Mais jusqu’où faut-il aller ? est-il nécessaire de relier toute la population en fibre optique ? et à quel prix ?

Toutes ces questions alimentent aujourd’hui le débat autour du NBN. Le gouvernement a choisi de relier plus de 93% de la population en fibre optique, de couvrir 4% avec les technologies sans-fil de nouvelle génération comme LTE et les 3 derniers % avec des satellites de bande Ka (Voir Rubrique Whitepapers, Implementation Study). L’Opposition (Liberal Party) et un groupe composé de dirigeants d’entreprises de fibre noire ou wireless (Alliance for Affordable Broadband – AAB) voient d’un très mauvais œil cette excessive dépense de AUS$43 milliards et proposent un réseau s’appuyant un backbone optique et une desserte largement supportée par la technologie LTE.

Ci-dessous une comparaison des investissements du NBN et du projet de l’Opposition.

Partie du réseau NBN NBN-coalition
Backbone optique $5,4 milliards $3,5 milliards et dégroupage des NRA
Desserte optique $29,5 milliards Investissements laissés aux acteurs privés
Desserte LTE $2 milliards $2 milliards + investissements privés
Desserte satellite $1,5 milliards $700 millions

Concernant le manifeste « NBN 3.0 from AAB », aucun détail précis n’est donné sur les coûts de chaque phase. L’estimation fixée à AUS$3 milliards repose uniquement sur l’analogie faite avec le projet actuellement mené aux USA par Nokia Siemens : LightSquared. L’objectif est de couvrir plus de 260 millions de personnes grâce à la technologie LTE, pour un coût de US$7 milliards.

On entend beaucoup parler de débits de 100 Mbits/s avec LTE. Comment est-ce possible ? Débit garantis ou maximum ?

Tout d’abord il faut savoir que dès que l’on parle de débits avec LTE (ou plus généralement une quelconque technologie sans-fil) on fait très souvent référence aux débits maximum. Aujourd’hui les débits maximum que l’on peut atteindre via la technologie LTE sont environ de 150 Mbits/s (Mike Quigley, CEO NBN Co, « Peak rates for LTE are 150Mbps ») mais dès qu’il y a des cellules adjacentes, les débits sont divisés par 2 à cause des interférences.

L’objectif du NBN via la technologie LTE est de fournir à 4% (la tranche des 94-97%) de la population des débits maximum de 12 Mbits/s. Cela afin de couvrir les zones d’ombres laissées par la desserte en fibre optique. Pour couvrir tout le territoire en LTE et garantir des débits moyens de 5 Mbits/s (avec débits maximum de 12 Mbits/s), Mike Quigley a estimé qu’il faudrait utiliser 80 000 points hauts d’émissions (« While 4G technologies would be able to provide typical speeds of 70Mbps and peaks of 150Mbps at the centre of a cell, the network would require 80,000 cell sites connected by fibre to completely replace the fibre-based network with wireless »), ce qui nécessiterait la construction de 64 000 d’entre eux (actuellement Telstra en détient un peu plus de 10 000 et 6000 pour les autres opérateurs). Le NBN quant à lui utilisera uniquement 1 100 points hauts d’émissions (sites nouveaux et existants).

Comme la plupart des pays déployant des réseaux LTE, l’Australie et son NBN pourront exploiter les bandes de fréquence de 2,3 GHz et 700 MHz. La bande des 700 Mhz (694 – 820 MHz) est actuellement utilisée par la télévision analogique et devrait être libérée d’ici 2014 dans le cadre du passage au tout numérique. Néanmoins, dans un soucis de déploiement rapide, la bande des 2,3 GHz (ou 2+ GHz) devrait être préférée.

Comparaison des 2 bandes de fréquence :

  • 2,3 GHz
    • déploiement rapide car fréquences disponibles
    • résultats à court terme pour les utilisateurs
    • possibilité de fournir des débits maximum de 12 Mbits/s dans un rayon de 7 km
    • déploiement plus couteux que dans la bande des 700 MHz (plus de points hauts)
    • adéquat en zone urbaine
  • 700 MHz
    • fréquences non disponibles avant 2014
    • possibilité de fournir des débits maximum de 12 Mbits/s dans un rayon de 14 km
    • adéquat en zone rurale
    • devrait être utilisée pour les applications mobile.

Ci-dessous un schéma faisant intervenir toutes les technologies utilisées dans la construction du NBN.





NBN to go ahead !

8 09 2010

“Do it once, do it right and do it with fibre”, tels sont les mots prononcés mardi 07/09/10 par Tony Windsor, député Independant, juste après avoir annoncé son soutien au Labor Party de Julia Gillard, permettant ainsi sa réélection.
Ce mardi, à 15h, les 2 derniers MP Independants (Tony Windsor & Rob Oakeshott) ont rendu leur décision finale et pris position en faveur du Labor Party. Cette décision va ainsi permettre à Julia Gillard de continuer le projet lancé en 2007 par Kevin Rudd (ancien Premier Ministre) : le NBN. Tony Windsor a d’ailleurs précisé que le NBN avait été un élément déterminant dans son choix : « Broadband has been one of the major influences I’ve had in terms of making a decision.”» (voir vidéo ci-dessous, un peu longue)

En contrepartie de cette alliance, M. Windsor et M. Oakeshott ont demandé à ce que les zones rurales soient prioritaires dans le développement du réseau THD par rapport aux centres urbains. Par ailleurs NBNCo devra louer ses infrastructures à prix égal entre les zones rurales et les zones urbaines (prix encore non fixé).
Tony Abbott bien entendu mécontent du résultat a précisé que l’Opposition serait très vigilente par rapport aux dépenses du gouvernement dans ce projet et ne leur faciliterait pas la tâche (“You can be absolutely certain that the Opposition is going to be hyper-vigilant in this area,”).

Beaucoup se demandent comment seront dépensés les AUS$43 Milliards et si ce chiffre n’augmentera pas comme dans la plupart des projets de construction de réseau de télécommunications.
Le Labor Party n’ayant toujours pas clairement expliqué comment serait utilisé l’argent du contribuable (selon Mike Quigley, l’investissement de la part du gouvernement sera environ de AUS$27 Milliards), il est normal qu’une partie de la population s’inquiète du résultat.

On peut voir qu’aujourd’hui en France la fibre optique ne tient pas ses promesses puisque les débits escomptés sont moindres et les taux de pénétration faibles. Il est donc légitime de se demander si cet investissement massif ne donnera pas naissance à un réseau sous-exploité.
Par ailleurs, aujourd’hui beaucoup d’australiens ne voient pas la nécéssité d’avoir des débits Internet si importants (100 Mbit/s pour downloader des musiques et des films à la maison ????). D’autres qui connaissent les usages que pourraient en faire les professionnels (industrie, médecine, éducation…) restent sceptiques quant à l’implémentation de ces nouvelles techniques et la modification des pratiques actuelles. Enfin, certains pensent qu’un projet moins ambitieux comme celui de l’Opposition ou celui décrit dans le manifeste des chefs d’entreprises de télécommunications déposé la semaine dernière (voir rubrique Whitepapers) aurait été plus facilement réalisable et moins « risqué » que le NBN. Je rappelle que ces deux solutions utilisent un backbone en fibre optique et une desserte en ADSL ou très souvent la technologie LTE. Ces 2 solutions s’appuient également sur une participation importante de la part des opérateurs privés, en particulier dans les zones urbaines où le déploiement leur est laissé. Ceci afin de proposer une concurrence en terme d’infrastructures et de services (le NBN proposera une concurrence uniquement en terme de services puisque tous les opérateurs s’appuieront sur le même réseau).
Encore à la traîne derrière la plupart des pays industrialisés en matière de débits Internet (50e selon le classement de la société Akamai), pensez-vous que l’Australie a raison de fonder ses espoirs dans un tel gigantesque projet ?





2nd Round !

2 09 2010

Alors que la bataille fait rage entre Julia Gillard et Tony Abbott pour savoir lequel des 2 gouvernera le pays, les 5 députés (voir commentaire de l’article “Le NBN pourrait-il ne jamais voir le jour ?“) choisissent leur camp. M Bandt (Vert) et M. Wilkie (Independant) ont choisi de s’allier avec Julia Gillard. Les scores sont donc actuellement de 74 pour The Labor Party et 73 pour The Liberal Party (la majorité est de 76 sièges).

Pendant ce temps, le NBN continue d’être un sujet de discorde : un groupe formé de dirigeants d’entreprises de télécommunications a récemment sévèrement critiqué le NBN et soutien le plan proposé par Tony Abbott (voir lien) qui repose en grande partie sur l’utilisation des nouvelles technologies sans-fil comme LTE.

Le coalition-style NBN de Tony Abbott repose également sur une participation plus importante de la part des opérateurs privés et ne tient pas compte des grandes villes (uniquement les zones rurales et banlieues) dont le développement du réseau THD est laissé aux opérateurs.

La vidéo ci-dessous ré-explique brièvement les différences entre les 2 plans (NBN et coalition-style NBN)








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